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Réseaux sociaux et contributions sans valeur informative

16
Jan
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On assiste à toujours plus de surenchère de présence de la part des internautes ou des marques dans les flux d'actualités des réseaux sociaux comme Twitter par exemple. Pour peu que l’on soit follower d’un nombre important de comptes dans un domaine spécifique, le bruit digital généré par les messages sans valeur informatives (les "MSVI") peut vite devenir « assourdissant », à tel point que l’on finit par perdre de vue la véritable information.

En préambule, je précise que toutes les notions de « bonne ou mauvaise information » développées ci-après sont forcément subjectives. Cet article soulève des questions liées à l’information sur le web, aux contenus, aux messages ou aux contributions non porteuses d’une véritable information de valeur. Je les appelle ci-après les MSVI . Toutefois une « contribution sans valeur informative » est une notion très subjective ( :)).

Progressivement, certaines frontières entre la vie privée et publique semblent voler en éclat. Sur Twitter, par exemple, on peut suivre, comme on le ferait pour un spectacle, des conversations totalement privées entre internautes. En quelques minutes, voici ce qu’on peut trouver sur Twitter : des MSVI, qui peuvent représenter un % important sur une timeline :

Après tout est-ce si grave ? Ne suffit-il pas de ne plus suivre un profil diffusant trop de MSVI, pour rendre plus visible la « véritable information » ? Certainement ; mais ça se complique lorsque l’on sait que tout profil est susceptible de diffuser une part plus ou moins importante de MSVI.

Alors quelles solutions ?

  • « defollower » certains comptes qui ne présentent aucune valeur informative ? Pourquoi pas. Olivier Tassel (@olivier_tassel ) me faisait remarquer récemment qu’une « bonne information » était logiquement retwittée, rebloguée, partagée, rediffusée par la sphère du web et par une communauté, même si l’on n’est pas follower direct d’un compte.
  • Certains outils existent déjà. Didier Sampaolo (@dsampaolo) a développé un outil qui permet de filtrer le bruit dans Twitter. TwAssistant, par défaut, récupère les 200 derniers tweets de la timeline, en "live". Il applique ensuite quelques filtres et ne ressort que "les meilleurs". On peut, par exemple, supprimer les tweets qui n'ont pas beaucoup été RT ("mode sévère"), n'afficher que les tweets originaux (retire les RT, une fonction utile aux journalistes par exemple), ou ne voir que les tweets contenant des liens (une fonction utile pour faire de la veille). Didier travaille à de nouveaux développements qui permettront d’inclure/exclure un hastag ou un utilisateur, de prendre en compte des listes, l’indexation régulière des tweets (ex: "le meilleur de ma timeline sur 48h"), ainsi que l’application développée dans des versions mobiles…

1+1 = 2 ; ça fait déjà 2 solutions à mettre en œuvre !

Une autre évolution ne serait-elle pas que Twitter, implémente une sorte de filtre par mot clé ou un « réglage de la part de voie » des comptes suivis dans les Timeline ? Ainsi, dans un monde idéal, si j’aime la programmation musicale (je prépare d’ailleurs un test de l’App Cubasis sur IPAD), je pourrais ne voir que les tweets qui utilisent les termes séquenceur, Cubase, haut-parleur dynamique, et masquer des tweets qui utiliseraient les termes rock, disco, samba ou chanteurs. Je pourrais aussi abaisser la fréquence de diffusion d’un compte bavard…à voir.

content !

Avec son Edge Rank, Facebook a trouvé le moyen de faire baisser la part de voie d’un compte ou d’une page dans le fil d’actualités, les fans voient en moyenne 16% des statuts qui leurs sont adressés (un chiffre qui n’est d’ailleurs pas une fatalité pour paraphraser Isabelle Mathieu). Mais cet algorithme Facebook a-t-il été réellement conçu pour filtrer l’information non pertinente et les MSVI ? Non bien sûr. En fait, Facebook a surtout trouvé un moyen de « suggérer » aux marques de recourir à la publicité.

Autre réflexion qui découle de la précédente ; c'est le fait que, dans ce grand bruit digital :

  • Google utilise certaines de ces informations pour modifier son classement : les citations ? les réponses ? les retweet, le nombre de followers ?, le nombre de Tweets ?, et les liens bien sûr. Quoi qu’il en soit, cela pourrait inciter un « comptes bruyants » à poursuivre dans la même voie. Lors du dernier SEOCAMPUS, David Degrelle avait avancé une hypothèse intéressante selon laquelle le texte contenu dans un Tweet pourrait agir à la façon d’une ancre de lien
  • Twitter peut utiliser certaines de ces informations (citations ? réponses? Retweet ?) pour suggérer des amis (Suggestion : Norber05 suivi par Alfred01)
  • […]

Un internaute ou une marque peuvent donc trouver un intérêt à diffuser de façon récurrente des MSVI. En effet, l’un des paradoxes d’une diffusion récurrente est que chaque tweet, chaque post dans les réseaux sociaux, aussi vide d’information soit-il, est susceptible de faire grimper le nombre de followers d’un compte et de faire grandir une « communauté » autour de lui. Sans être nécessairement de véritables Influenceurs, ces comptes finissent par acquérir une certaine notoriété.

Quelles évolutions peut-on souhaiter ?

En voici quelques-unes, utopiques sans doute. Dans un monde idéal, les acteurs majeurs que sont Twitter, Facebook, Google :

  • détecteront les MSVI.
  • Seront en mesure de dissocier un BADBUZZ d'un BON BUZZ
  • détecteront un afflux massif de liens ou de contenus issus d'un BADBUZZ d’un afflux de liens issus d'un BON BUZZ. En effet, si un BADBUZZ entache la e-reputation d'une entreprise, il lui génère aussi une forme de notoriété et éventuellement des liens

 

Bertrand Masselot sur Google+ Suivez-nous sur Twitter Suivez-nous sur Facebook Suivez-nous sur Youtube Suivez-nous par RSS Auteur : Bertrand Masselot
Bertrand Masselot est expert en visibilité internet, référencement web et mobile. Il a travaillé pour de nombreuses marques et grands comptes chez Publicis, avant de créer la société Volumium.
Contactez Volumium – TEL : 06 61 74 53 98

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Cet article a été écrit par Bertrand Masselot

Un commentaire

  • ToneoFirst says:

    Je ne suis pas certain que l'on puisse parler de conversations sur les réseaux sociaux, tout le monde raconte sa vie mais personne "n'écoute", je vois ça comme un grand cri de désespoir d'une génération en manque de reconnaissance et qui cherche à se faire remarquer rapidement…